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Les adeptes de la réforme de la Politique Commune de Pêche se réjouissent des résultats des essais pour l’interdiction des rejets

 

avril 10 2012 Fish2Fork

 

La sole commune

Un projet pilote vient de démontrer qu’une interdiction des rejets de poisson peut être une solution « pratique, solide et efficace ».

Les résultats des essais auxquels a participé le Royaume Uni et quelques autres états membres de l’Union Européenne représentent un grand pas en avant pour les militants en faveur de la réforme de la PCP.

Ces résultats sont une manne pour la commissaire pour la pêche Maria Damanaki qui tente de faire progresser ses projets de réformes malgré la réticence de certains pays tels que la France et l’Espagne qui ne veulent pas entendre parler d’une interdiction totale de la pratique des rejets.

L’un des arguments clé contre un arrêt complet des rejets réside dans le manque de solutions concernant la gestion des stocks que les pêcheurs pourront cibler dans les eaux européennes et la rentabilité de la pêche.

Démontrer que ce système de quotas de prises accessoires représente donc un atout majeur chez les partisans de la réforme. 1,3 million de tonnes de poissons sont rejetées chaque année en Atlantique Nord-Est, avec près de 900 000 tonnes rien qu’en mer du Nord, ce qui a poussé un chef britannique célèbre à lancer une campagne anti-rejets l’an dernier qu’il a nommé « Fishfight ».

Mr Fearnley Whittingstall se réjouit du résultat de ces essais qui “démontrent qu’il existe des solutions pour endiguer ce gaspillage inacceptable ». Le chef ne s’arrête pas là, et décrit qu’il faut instaurer de meilleurs plans de gestion, encourager les pêcheurs à pratiquer une pêche plus sélective et l’élimination des rejets des poissons non désirés.

Militant à l’origine uniquement en Grande Bretagne, Fishfight a des vues sur l’Europe afin de faire passer le message qu’il faut en finir avec ce problème des rejets qui est une véritable aberration environnementale et sociétale.

Pendant les essais, les rejets de cabillaud en mer du Nord et de sole en Manche Ouest ont été réduits à une fraction de leur niveau habituel. La proportion des rejets du cabillaud des chalutiers de mer du Nord passa de 38 % à 0,2 % et même scénario pour les chalutiers à perche de Manche Ouest dont la proportion des rejets de sole passa de 28 à 0,2 %.

Le véritable succès n’est pas tant le faible taux de rejets observé mais plutôt le fait qu’il fut possible de contrôler les opérations à bord.

En effet, un système circuit fermé de surveillance caméra a permis à des observateurs de vérifier environ 10 % de la prise leur permettant ainsi d’effectuer des estimations de la pêche et de s’assurer que le poisson n’était rejeté par-dessus bord.

Le rapport de fin d’étude révéla que le logiciel d’analyses combiné aux données visuelles obtenues par vidéo surveillance a permis d’obtenir des « résultats plus que satisfaisants » selon les autorités.

Il existe un bémol cependant pour les pêcheries mixtes où là la façon d'agir devra être quelque peu modifiée. Autre point positif émergeant de ces essais est la baisse des prises de poissons n’ayant pas la taille requise.

Les patrons de navires n’étant pas autorisés à débarquer les espèces constituant la part de rejet, ont donc fait plus d’efforts pour les éviter en utilisant par exemple des engins de pêche mieux adaptés. Le taux de rejet des poissons n’ayant pas la taille requise est passé au dessous de 3,5 % alors qu’auparavant il représentait une proportion de 38 % pour le cabillaud et 28 % pour la sole.

Le phénomène des rejets est un pur produit de la PCP. En effet, le poisson capturé (parce qu’il est de trop petite taille, ou bien au-delà les limites du quota individuel, ou encore de faible valeur commerciale) est tout simplement jeté par-dessus bord mort ou avec peu de chance de survie.

 

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